Parfois gospel, parfois voyage spatial électro-psychédélique, le projet commence par une lamentation languissante qui murmure une invitation proche à l’oreille vers le haut et entre les replis de ce qui se déploie en un univers sonore en constante expansion.
Ce trio de Nashville ravit avec ce second album d’une fraicheur incroyable, dans un registre alt-country agrémente d’expérimentations discrètes. Un disque qui impressionnant par sa fluidité. Chaque morceau est porté par des arrangements où guitares, claviers et cuivres cohabitent harmonieusement sans jamais se marcher sur les pieds. Côté textes, le groupe propose une chronique du quotidien, à la fois triviale et poétique, traversée d’un humour sec. Derrière cette nonchalance et cette spontanéité apparente, tout est minutieusement construit, maîtrisé.
Formé à Bristol, au Royaume-Uni (d’où aucun d’eux ne vient encore et dont tous sont profondément ancrés) en 2020, le Tara Clerkin Trio – tel qu’il existe aujourd’hui, de manière quelque peu démocratique, malgré l’autorité singulière laissée entendre son nom – se compose de la Tara Clerkin, de son partenaire Sunny Joe Paradisos, et du frère de Sunny, Patrick Benjamin. Avec deux mini-albums extraordinaires – In Spring (2021) et On The Turning Ground (2023) – qui font sensation sur le redoutable label londonien World of Echo à la suite de leur premier album éponyme en 2020 sur Laura Lies In, ce prochain album Somewhere Good est, à bien des égards, l’œuvre la plus aboutie du groupe.
The Outer Worlds Jazz Ensemble - The Kármán Line (2026)
[ATA Records]
''The Kármán Line'', premier album de The Outer Worlds Jazz Ensemble, s’impose comme une proposition singulière. Entre spiritual jazz, soul jazz et groove cosmique, le disque déploie une matière orchestrale riche, où harpe, flûte, basson, marimba et cuivres dialoguent avec une section rythmique très organique. Enregistré sur bande analogique, il en garde une chaleur et une fluidité rappelant certaines productions jazz et soul des années 60/70.
Pedal steel aérienne, guitares suspendues, nappes discrètes, atmosphères crépusculaires et évocations de grands espaces sont au programme de cet album, présenté comme une suite à l’inoubliable ''Belladonna''.
Trente minutes suffisent à Orcutt et Fratti pour tisser un corpus complexe et resplendissant. Du début à la fin, Almost Waking utilise essentiellement trois éléments, mais rend chacun d’eux énorme : le jeu précis de guitare d’Orcutt, la voix aérienne et légère de Fratti et son jeu éthéré de violoncelle. Une brillante collaboration entre le guitariste américain et le violoncelliste guatémaltèque.
Paru initialement en 1976, « Kaleidoscope Of Rainbows » était une série de pièces basées sur la gamme à cinq notes de la musique gamelan balinaise. Les sessions d'enregistrement ont bénéficié de la participation de grands noms tels que Ian Carr (Nucleus), Paul Buckmaster, Barbara Thompson, Dave MacRae, Tony Coe et Geoff Castle. Cet album est aujourd'hui considéré comme un enregistrement phare du jazz moderne britannique, bien que les compositions témoignent également d'influences issues des musiques du monde et d'ailleurs, utilisant des synthétiseurs, il s'agit d'une œuvre novatrice et absolument captivante.